L’innovation transforme le monde
Les avancées récentes dans le domaine des matériaux isolants thermiques se concentrent sur quatre axes. Les aérogels deviennent plus souples, plus résistants mécaniquement et mieux adaptés aux environnements extrêmes. Les panneaux isolants sous vide (PIV, ou VIP en anglais) continuent d’atteindre des conductivités thermiques particulièrement faibles. Les matériaux isolants nanoporeux légers et souples, tels que Y-Warm, permettent de concevoir des couches d’isolation plus fines. Enfin, les matériaux à changement de phase font évoluer la gestion thermique d’un ralentissement passif des transferts de chaleur vers une régulation thermique active.
Ces avancées illustrent une tendance de fond : la nouvelle génération d’isolants thermiques ne cherche plus uniquement la conductivité thermique la plus faible possible. Elle vise de plus en plus un équilibre entre performances thermiques, épaisseur, poids, souplesse, durabilité, tenue en température, aptitude à la fabrication et exigences propres à chaque application.
Points essentiels
Les aérogels gagnent en robustesse mécanique. Des travaux récents présentent des aérogels capables de conserver leur élasticité sous des températures extrêmes et après des déformations répétées.
Les structures souples en aérogel se rapprochent des applications textiles. Des particules d’aérogel peuvent désormais être intégrées dans des fils continus.
Les panneaux isolants sous vide restent parmi les technologies d’isolation les plus performantes sur le plan thermique. Dans les systèmes avancés, leur conductivité thermique peut atteindre environ 0,004 W/(m·K), voire moins.
Les isolants souples ultraminces ouvrent de nouvelles possibilités pour les vêtements, les chaussures, les équipements de plein air et d’autres produits dans lesquels une isolation volumineuse est difficile à intégrer.
Les isolants avancés deviennent multifonctionnels. Ils associent de plus en plus la résistance thermique à la souplesse, à la gestion de l’humidité, à la durabilité mécanique ou à la régulation active de la température.
1. Pourquoi les matériaux isolants thermiques évoluent-ils ?
Pendant des décennies, le développement des isolants thermiques a été guidé par un objectif principal : réduire la conductivité thermique.
Cet objectif reste essentiel, mais les applications modernes imposent des exigences beaucoup plus complexes.
Les bâtiments ont besoin de systèmes d’isolation plus fins afin de préserver l’espace intérieur utile. Les véhicules électriques nécessitent des barrières thermiques légères pour les batteries et les habitacles. Les systèmes aérospatiaux exigent des matériaux stables malgré de fortes variations de température. Dans les vêtements et les chaussures, l’isolation doit non seulement limiter les pertes de chaleur, mais aussi être fine, légère, souple, respirante et durable.
La question posée aux spécialistes des matériaux évolue donc. Il ne s’agit plus seulement de savoir « comment réduire la conductivité thermique », mais « comment associer une faible conductivité thermique aux propriétés mécaniques et fonctionnelles requises par l’application ».
Cette évolution stimule plusieurs avancées majeures dans le domaine de l’isolation thermique.
2. Quatre avancées majeures dans les matériaux isolants thermiques
2.1 Les aérogels deviennent plus souples et plus résistants mécaniquement
Grâce à leur porosité très élevée et à leur faible conductivité thermique, les aérogels sont depuis longtemps considérés comme une catégorie importante d’isolants thermiques solides à haute performance.
Leur principale faiblesse a toutefois été leur fragilité mécanique. Les aérogels de silice conventionnels peuvent se fissurer, se rompre ou générer de la poussière lorsqu’ils sont soumis à la flexion, à la compression, aux vibrations ou à des sollicitations mécaniques répétées. Cette fragilité limite leur emploi dans les applications qui exigent de la souplesse et une bonne durabilité mécanique.
Les recherches récentes tentent notamment de surmonter cette limite grâce à :
un renforcement fibreux ;
des réseaux polymères souples ;
des structures en nanofibres céramiques ;
une conception structurale anisotrope ;
des fibres et des fils d’aérogel ;
des architectures composites multi-échelles.
Un exemple notable a été publié dans Science en 2025. Les chercheurs ont développé une série de 194 aérogels ultralégers à cellules en forme de dôme, capables de conserver leur élasticité dans une plage de températures exceptionnellement large, de 4,2 K à 2 273 K.
Ces aérogels ont supporté jusqu’à 20 000 cycles de compression avec une déformation de 99 %, ainsi que 100 cycles de choc thermique à 2 273 K.[1]
Cette étude reflète une évolution importante de la recherche sur les aérogels. L’objectif n’est plus seulement d’obtenir une conductivité thermique extrêmement faible, mais d’associer faible conductivité thermique, durabilité mécanique et stabilité à des températures extrêmes.
2.2 Les aérogels évoluent vers des structures intégrables aux textiles
Une autre avancée importante consiste à transformer les aérogels, traditionnellement fragiles et massifs, en structures pouvant être intégrées dans des textiles.
Une étude publiée en 2025 dans Advanced Materials présente une stratégie de torsion en continu de type roll-to-roll permettant de convertir des particules d’aérogel en fils macroscopiques continus.
Les fils obtenus contenaient environ 78 % en volume de particules d’aérogel. Une armature en nanofibres assurait le soutien mécanique et contribuait au maintien de la structure poreuse.[2]
Ces fils d’aérogel combinaient souplesse, résistance mécanique et propriétés d’isolation thermique. Les textiles tissés à partir de ces fils sont restés stables entre −196 °C et 100 °C, ainsi que sous déformation mécanique et après lavage.[2]
Cette évolution est particulièrement importante pour l’isolation destinée aux articles portés. Les aérogels traditionnels possèdent de bonnes propriétés thermiques, mais leur fragilité et leur faible aptitude à la mise en œuvre compliquent leur intégration directe dans les textiles.
La transformation des aérogels en fibres continues, en fils ou en composites souples renforcés pourrait donc élargir leur potentiel d’utilisation dans :
les vêtements de protection thermique ;
les vêtements de plein air ;
les gants ;
les chaussures ;
les systèmes de gestion thermique portés sur le corps.
2.3 Les panneaux isolants sous vide maintiennent des conductivités thermiques très faibles
Les panneaux isolants sous vide reposent sur une approche fondamentalement différente de celle des isolants poreux conventionnels.
Dans un PIV, la majeure partie du gaz est retirée d’un cœur poreux. La conduction thermique par la phase gazeuse étant fortement réduite sous vide, ces panneaux peuvent atteindre une très faible conductivité thermique.
Selon le Département de l’Énergie des États-Unis, la conductivité thermique des panneaux isolants sous vide peut atteindre environ :
≤ 0,004 W/(m·K)
À titre de comparaison, celle des isolants de bâtiment conventionnels à base de fibres ou de mousses est d’environ 0,024 W/(m·K), voire davantage.[3]
Les PIV sont donc particulièrement intéressants lorsque l’épaisseur de l’isolation doit être réduite au minimum. Leurs domaines d’application comprennent notamment :
les bâtiments à haute performance énergétique ;
les réfrigérateurs et congélateurs ;
les conteneurs de la chaîne du froid ;
la logistique sous température contrôlée ;
certains équipements industriels spécialisés.
Les panneaux isolants sous vide présentent néanmoins une limite fondamentale : ils dépendent d’une enveloppe barrière étanche pour conserver le vide interne.
Si le film barrière est perforé, coupé ou endommagé, du gaz peut pénétrer dans le panneau et sa conductivité thermique peut augmenter fortement. Les données du Département de l’Énergie des États-Unis indiquent qu’elle peut atteindre environ 0,02 W/(m·K) après perforation.[3]
Le principal défi technique ne consiste donc pas uniquement à réduire davantage la conductivité thermique initiale. Il consiste aussi à préserver une très faible conductivité thermique pendant toute la durée de vie du produit.
2.4 Les isolants souples ultraminces se développent pour les applications portées
Toutes les applications n’exigent pas la conductivité thermique la plus faible possible.
Dans les vêtements, les chaussures, les gants, les équipements de plein air et d’autres produits souples, l’isolant doit répondre à un ensemble différent d’exigences. Selon l’application, il doit être fin, léger, souple, respirant, durable et facile à mettre en œuvre.
Ces besoins favorisent le développement d’une autre catégorie de matériaux : les isolants nanoporeux souples.
Y-Warm en est un exemple. Il s’agit d’un matériau d’isolation thermique nanoflexible conçu principalement pour des applications à température ambiante et à basse température.
Y-Warm utilise une structure à forte porosité afin de réduire les transferts de chaleur tout en conservant la souplesse nécessaire à des applications telles que les vêtements et les chaussures.
Le matériau peut être fabriqué avec une épaisseur d’environ 0,7 mm. Il peut ainsi être intégré dans des produits sans dépendre exclusivement de garnissages épais et volumineux.
Sa plage de température de service prévue est d’environ −50 °C à 150 °C.*
Contrairement aux aérogels conventionnels fragiles, les isolants souples de ce type sont conçus pour être découpés, cousus, pliés et intégrés dans des structures textiles.
Ils suivent donc une voie technologique différente de celle des aérogels céramiques à haute température ou des panneaux isolants sous vide. Les isolants nanoporeux souples ne recherchent pas la conductivité thermique la plus faible à tout prix. Ils visent plutôt un équilibre entre :
isolation thermique + faible épaisseur + souplesse + aptitude au porté + aptitude à la fabrication.
* Les valeurs de performance propres à Y-Warm doivent être reliées, lorsque ces documents sont disponibles, aux fiches techniques, rapports d’essai ou rapports de laboratoires indépendants correspondants.
3. Quels principes physiques permettent ces avancées ?
Pour comprendre le fonctionnement de ces matériaux, il faut revenir aux trois modes fondamentaux de transfert thermique : la conduction, la convection et le rayonnement.
La fonction d’un isolant thermique consiste essentiellement à réduire les transferts de chaleur par une ou plusieurs de ces voies.
3.1 Conduction thermique
La conduction thermique correspond au transfert de chaleur à travers la matière.
Dans les matériaux isolants poreux, elle se produit principalement selon deux voies :
Conduction dans la phase solide : la chaleur se propage à travers le squelette du matériau.
Conduction dans la phase gazeuse : la chaleur se propage à travers le gaz emprisonné dans les pores.
Pour réduire la conduction dans la phase solide, il faut limiter les chemins continus de transfert thermique dans le solide et multiplier les interfaces susceptibles de diffuser les vibrations qui transportent la chaleur.
Pour réduire la conduction dans la phase gazeuse, il faut agir sur le mouvement et les collisions des molécules de gaz. C’est dans ce contexte que les pores de taille nanométrique deviennent particulièrement importants.
3.2 Effet Knudsen
À température ambiante et sous pression atmosphérique, la conductivité thermique de l’air immobile est d’environ 0,026 W/(m·K). Le simple fait d’emprisonner de l’air peut donc assurer une isolation efficace.
Lorsque la taille des pores devient comparable ou inférieure au libre parcours moyen des molécules de gaz, le comportement du gaz change. Les collisions entre les molécules et les parois des pores deviennent plus importantes, par rapport aux collisions entre les molécules elles-mêmes.
Ce phénomène est associé à l’effet Knudsen. Lorsque les pores atteignent cette gamme de dimensions, la conduction thermique dans la phase gazeuse peut être réduite.
L’effet Knudsen est l’un des mécanismes physiques importants qui permettent aux matériaux nanoporeux d’atteindre une faible conductivité thermique effective. Il joue notamment un rôle dans :
les aérogels ;
les matériaux isolants nanoporeux ;
les isolants microporeux ;
les cœurs de panneaux isolants sous vide.
3.3 Convection thermique
La convection transfère la chaleur par le mouvement macroscopique d’un fluide.
Dans de grands volumes d’air, les différences de température peuvent provoquer une circulation de l’air qui transporte la chaleur des zones chaudes vers les zones plus froides.
Lorsque les pores deviennent suffisamment petits, les mouvements de gaz à grande échelle sont de plus en plus difficiles. Si le gaz est confiné dans des pores très petits ou isolés les uns des autres, les transferts thermiques effectifs par convection peuvent être fortement réduits.
C’est pourquoi la structure poreuse joue un rôle fondamental dans de nombreux isolants thermiques.
3.4 Rayonnement thermique
Le rayonnement thermique transfère de l’énergie sous forme d’ondes électromagnétiques.
À température ambiante, la conduction dans les phases solide et gazeuse domine souvent dans de nombreux systèmes isolants. Lorsque la température augmente, le transfert par rayonnement prend toutefois davantage d’importance.
Les isolants à haute température peuvent donc intégrer :
des composants réfléchissant l’infrarouge ;
des particules diffusant le rayonnement ;
des opacifiants ;
des structures multicouches.
Le contrôle du rayonnement est particulièrement important dans les fours industriels, les systèmes aérospatiaux, les conduites à haute température et les applications de protection thermique extrême.
4. Que montrent les recherches récentes ?
Les résultats récents montrent que les technologies d’isolation thermique évoluent dans plusieurs directions, plutôt que de converger vers un unique matériau « idéal ».
4.1 Aérogels pour températures extrêmes
Une étude publiée en 2025 dans Science présente des aérogels à cellules en forme de dôme capables de conserver leur superélasticité entre 4,2 K et 2 273 K.
Les matériaux ont supporté 20 000 cycles de compression avec une déformation de 99 %, ainsi que 100 cycles de choc thermique à 2 273 K.[1]
Un aérogel de carbure à haute entropie étudié dans le même travail présentait une conductivité thermique d’environ :
53,4 mW/(m·K) à 1 273 K ;
171,1 mW/(m·K) à 2 273 K.[1]
Ces résultats indiquent que les aérogels avancés sont de plus en plus conçus pour des environnements dans lesquels les isolants conventionnels ne peuvent pas conserver leur stabilité structurelle.
4.2 Fils d’aérogel souples
Une étude publiée en 2025 dans Advanced Materials a démontré un procédé roll-to-roll permettant d’intégrer environ 78 % en volume de particules d’aérogel dans des fils continus.[2]
Les fils obtenus combinaient une forte teneur en aérogel, de la souplesse et une bonne stabilité mécanique.
Les structures textiles sont restées stables à −196 °C, à des températures allant jusqu’à 100 °C, sous déformation mécanique et après lavage.[2]
Ces travaux illustrent le rapprochement croissant entre les matériaux isolants thermiques et l’ingénierie textile.
4.3 Aérogels anisotropes en fibres céramiques
Une autre étude publiée en 2025 dans Advanced Science a développé des aérogels hautement orientés en fibres céramiques SiC@SiO₂.
La conductivité thermique transversale du matériau atteignait seulement 0,018 W/(m·K), tandis que sa conductivité thermique axiale était d’environ 0,0914 W/(m·K). Le facteur d’anisotropie correspondant était d’environ 5,08.[4]
Le matériau conservait également son intégrité structurelle dans un environnement oxydant jusqu’à environ 1 300 °C.[4]
Cette étude met en évidence une autre stratégie émergente : les structures avancées peuvent contrôler non seulement la quantité de chaleur qui traverse un matériau, mais aussi la direction privilégiée du flux thermique.
4.4 Panneaux isolants sous vide
Les panneaux isolants sous vide continuent d’atteindre certaines des conductivités thermiques les plus faibles disponibles pour des systèmes d’isolation utilisables en pratique.
Le Département de l’Énergie des États-Unis indique une valeur de ≤ 0,004 W/(m·K) pour la technologie VIP.[3]
Cette performance dépend toutefois fortement du maintien de l’enveloppe sous vide. Lorsque la barrière est endommagée, la conductivité thermique peut augmenter jusqu’à environ 0,02 W/(m·K).[3]
La durabilité de la barrière, l’étanchéité des bords et le maintien du vide à long terme restent donc des axes de développement essentiels.
5. Comparaison des principales technologies d’isolation thermique
Technologie | Conductivité thermique représentative | Principal avantage | Principale limite | Applications typiques |
Laine de verre / laine de roche | env. 0,035–0,050 W/(m·K) | coût relativement faible et technologie éprouvée | nécessite une épaisseur relativement importante | bâtiment / industrie |
Mousse de polyuréthane | env. 0,020–0,030 W/(m·K) | légère et efficace | comportement au feu et vieillissement à prendre en compte | bâtiment / électroménager |
Aérogel de silice | souvent < 0,025 W/(m·K) | très faible conductivité thermique | les formes conventionnelles peuvent être fragiles | industrie / bâtiment / isolation spécialisée |
Aérogel en fibres céramiques | jusqu’à 0,018 W/(m·K) dans des recherches récentes | stabilité à haute température | fabrication plus spécialisée | aérospatiale / industrie à haute température |
Panneau isolant sous vide | ≤ 0,004 W/(m·K) dans les systèmes avancés | très haute efficacité d’isolation | sensible à l’endommagement de la barrière | bâtiment / électroménager / chaîne du froid |
Isolant nanoporeux souple | dépend de l’application | fin, souple et léger | non destiné à remplacer les isolants pour températures extrêmes | vêtements / chaussures / plein air / produits grand public |
Ce tableau montre pourquoi la seule conductivité thermique ne suffit pas à déterminer quel isolant est « le meilleur ».
Un panneau isolant sous vide peut présenter une conductivité thermique beaucoup plus faible qu’un isolant textile souple. En revanche, il ne peut généralement pas être plié, découpé, cousu ou fléchi de manière répétée comme un textile.
Un aérogel céramique peut résister à des températures supérieures à 1 000 °C, sans pour autant être automatiquement adapté aux vêtements.
La comparaison doit donc toujours être effectuée dans les conditions de l’application visée.
6. Deux grandes orientations pour l’avenir
6.1 Structures composites multi-échelles
L’avenir de l’isolation thermique s’éloigne progressivement des solutions reposant sur un matériau unique.
Les chercheurs associent plusieurs niveaux de structure et différents composants fonctionnels, par exemple :
squelette porteur + structure nanoporeuse + couche de renforcement + composant de contrôle du rayonnement.
Les fibres peuvent assurer le renforcement mécanique, tandis que les zones nanoporeuses réduisent le transfert de chaleur dans la phase gazeuse.
Cette approche permet d’optimiser simultanément des propriétés traditionnellement difficiles à concilier. L’objectif n’est plus seulement de réduire la conductivité thermique, mais de la réduire sans compromettre les performances mécaniques.
6.2 De l’isolation passive à la régulation thermique active
L’isolation conventionnelle est passive. Elle ralentit le transfert de chaleur, mais ne stocke ni ne libère activement de l’énergie thermique.
Les matériaux à changement de phase suivent une autre logique. Lorsqu’un matériau à changement de phase atteint sa température de transition, il peut absorber ou libérer de la chaleur latente.
Intégré dans une structure isolante, il peut contribuer à réduire les fluctuations de température à court terme.
La distinction est importante :
un isolant thermique réduit la vitesse du transfert de chaleur ;
un matériau à changement de phase absorbe ou libère temporairement de l’énergie thermique.
L’association de ces deux technologies pourrait permettre de créer des matériaux offrant à la fois une isolation passive et un tampon thermique actif.
7. Où utilise-t-on les matériaux isolants thermiques avancés ?
Bâtiment
Les composites à base d’aérogel, les mousses de polyuréthane, les laines minérales et les panneaux isolants sous vide sont développés afin d’améliorer l’efficacité énergétique de l’enveloppe des bâtiments tout en réduisant l’épaisseur de l’isolation.
Cette évolution est particulièrement pertinente pour les bâtiments à haute performance et les bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle.
Véhicules électriques et stockage d’énergie
Les barrières thermiques prennent une importance croissante dans les systèmes de batteries.
L’isolation peut contribuer à réduire les transferts de chaleur entre les cellules et à ralentir la propagation thermique entre différentes parties d’un bloc-batterie.
Aérospatiale
Les aérogels céramiques et carbonés destinés aux températures extrêmes sont étudiés pour des applications exposées à l’échauffement aérodynamique, aux chocs thermiques et à de forts gradients de température.
Vêtements et chaussures
Les isolants souples nécessitent un équilibre de propriétés très différent de celui des isolants industriels à haute température. En plus des performances thermiques, ils doivent souvent offrir :
un faible poids ;
une faible épaisseur ;
de la souplesse ;
une perméabilité à la vapeur d’eau ;
de la durabilité ;
une aptitude à la découpe et à la couture.
Dans ce domaine, les isolants ultraminces et souples tels que Y-Warm suivent une voie technologique différente de celle des aérogels conventionnels et des isolants fibreux volumineux.
Chaîne du froid et appareils électroménagers
Les panneaux isolants sous vide et d’autres isolants poreux à haute performance peuvent réduire les transferts de chaleur tout en permettant des parois isolées plus minces.
Cette réduction d’épaisseur peut augmenter le volume intérieur utile des réfrigérateurs, congélateurs et conteneurs à température contrôlée.
Isolation industrielle à haute température
Les matelas d’aérogel, les matériaux en fibres céramiques et d’autres systèmes poreux d’isolation à haute température sont de plus en plus utilisés dans les fours, les conduites, les équipements industriels et d’autres environnements où la stabilité thermique est essentielle.
8. Quelle est l’orientation générale des technologies d’isolation thermique ?
L’évolution de l’isolation thermique peut être résumée en trois étapes.
Étape 1 : augmenter l’épaisseur
Les isolants conventionnels utilisent principalement des couches épaisses de matériaux fibreux ou cellulaires pour emprisonner de l’air immobile.
Étape 2 : contrôler la structure des pores
Les matériaux poreux avancés réduisent les transferts de chaleur en contrôlant la taille des pores, la porosité, les chemins de conduction dans la phase solide et la conduction dans la phase gazeuse.
Étape 3 : optimiser plusieurs propriétés simultanément
La nouvelle génération de matériaux isolants cherche à associer :
efficacité thermique + faible épaisseur + faible poids + souplesse + durabilité + stabilité face à l’environnement + aptitude à la fabrication.
Il s’agit peut-être de l’évolution la plus importante actuellement observée dans le domaine de l’isolation thermique.
Le secteur s’éloigne progressivement de la question « Quel matériau présente la conductivité thermique la plus faible ? » pour privilégier la question « Quel matériau offre la solution de gestion thermique la plus efficace pour une application donnée ? »
9. Questions fréquentes
1. Quelles tendances façonnent les nouveaux matériaux isolants thermiques ?
La principale tendance est le développement d’isolants multifonctionnels à haute performance. Les chercheurs n’optimisent plus uniquement la conductivité thermique. Les nouveaux matériaux associent de plus en plus une faible conductivité thermique à la souplesse, à une épaisseur réduite, à la durabilité mécanique, à la stabilité à haute température ou à une régulation thermique active.
2. Pourquoi les matériaux nanoporeux offrent-ils une bonne isolation thermique ?
Les structures nanoporeuses peuvent limiter plusieurs mécanismes de transfert thermique en même temps. Les très petits pores réduisent la convection. Lorsque la taille des pores se rapproche du libre parcours moyen des molécules de gaz, l’effet Knudsen peut réduire la conduction dans la phase gazeuse. Une porosité élevée peut également diminuer les chemins continus de transfert thermique dans la phase solide.
3. Les aérogels sont-ils le meilleur isolant pour toutes les applications ?
Non. Grâce à leur forte porosité et à leur faible conductivité thermique, les aérogels restent une catégorie importante d’isolants avancés. Il n’existe toutefois pas de matériau unique qui soit « le meilleur » pour toutes les applications. Les aérogels peuvent être particulièrement intéressants lorsqu’une très faible conductivité thermique est requise. Selon les contraintes mécaniques, thermiques, économiques ou de mise en œuvre, les panneaux isolants sous vide, les matériaux nanoporeux souples, les mousses polymères, les isolants céramiques ou les composites à changement de phase peuvent être plus adaptés.
4. Pourquoi les panneaux isolants sous vide ne sont-ils pas utilisés partout ?
Les panneaux isolants sous vide peuvent atteindre une très faible conductivité thermique, mais leur performance dépend du maintien d’une enveloppe étanche sous vide. Si la barrière est endommagée, leurs performances d’isolation peuvent diminuer fortement. Les PIV sont donc efficaces dans les applications où ils peuvent être protégés, mais moins adaptés aux produits qui doivent être fréquemment découpés, pliés, cousus ou soumis à des déformations mécaniques.
5. Peut-on utiliser un isolant ultramince dans un vêtement ?
Oui. Une isolation destinée aux vêtements n’a pas nécessairement besoin d’atteindre la conductivité thermique la plus faible possible. Elle doit plutôt trouver un équilibre entre performances thermiques, épaisseur, poids, souplesse, respirabilité, durabilité et aptitude à la mise en œuvre. Les matériaux nanoporeux souples sont développés pour répondre à ce type d’exigences. Y-Warm, par exemple, peut être fabriqué avec une épaisseur d’environ 0,7 mm et est conçu pour des applications souples telles que les vêtements, les chaussures et les équipements de plein air.*
6. Une conductivité thermique plus faible signifie-t-elle toujours un meilleur isolant ?
Pas nécessairement. Une faible conductivité thermique signifie qu’un matériau peut réduire plus efficacement la conduction thermique dans des conditions d’essai définies. Dans une application réelle, le choix d’un matériau doit aussi tenir compte de l’épaisseur nécessaire, du poids, de la température de service, de la résistance mécanique, de la souplesse, du comportement à l’humidité, du comportement au feu, de la résistance au vieillissement, de l’aptitude à la fabrication et du coût.
Le matériau le plus adapté n’est donc pas nécessairement celui qui possède la conductivité thermique la plus faible, mais celui qui offre la combinaison de propriétés la plus appropriée à l’application visée.
* Les valeurs de performance propres à Y-Warm doivent être reliées, lorsque ces documents sont disponibles, aux fiches techniques, rapports d’essai ou rapports de laboratoires indépendants correspondants.
Références
Pang, K., Xia, Y., Liu, X., et al. “Dome-celled aerogels with ultrahigh-temperature superelasticity over 2273 K.” Science, 389(6757), 290–294, 2025. DOI : 10.1126/science.adw5777.
Zheng, J., Li, Z., Wei, N., et al. “Roll-To-Roll Twisted Aerogel Yarns with Reinforced Structure and Low Thermal Conductivity.” Advanced Materials, 2025. DOI : 10.1002/adma.202507289.
U.S. Department of Energy / Oak Ridge National Laboratory. “Self-Healing Films to Improve Durability of VIPs by In-Situ Remediation of Film Defects.” La présentation du projet indique une conductivité thermique de ≤ 0,004 W/(m·K) pour les panneaux isolants sous vide, valeur pouvant atteindre environ 0,02 W/(m·K) après perforation du film barrière.
Zhang, Z., Liu, C., Li, N., et al. “Highly Oriented SiC@SiO₂ Ceramic Fiber Aerogels with Good Anisotropy of the Thermal Conductivity and High-Temperature Resistance.” Advanced Science, 12(17), 2416740, 2025. DOI : 10.1002/advs.202416740.